Les classements internationaux

Comment apparaître, et si possible en bonne place, dans les classements internationaux ? Ce sujet, qui ne manque pas de faire débat, est aujourd’hui à l’agenda de nombreuses universités et regroupements.

La problématique des classements est relativement récente. Elle est apparue dans les années 90, mais d’abord limitée à des formations spécifiques des Business Schools, puis s’est étendue aux universités prises dans leur globalité au début des années 2000, avec la naissance du désormais célèbre classement de Shanghai en 2003. Les classements réactualisent leurs palmarès à un rythme annuel et chaque nouvelle édition est l’occasion pour les établissements de se comparer au plan international.

Les classements sont aujourd’hui multiples, parfois focalisés sur une discipline ou un champ thématique, mais les principaux classements généralistes sont au nombre de trois : l’Academic Ranking of World Universities (ARWU / Shanghai), le Times Higher Education (THE) et le Quacquarelli Symonds (QS).

Ces 3 classements sont générés par des entreprises privées, quoique celui de Shanghai ait été originairement rattaché à l’université chinoise de Jiaotong à Shanghai, et diffèrent dans leur méthodologie. De manière simplifiée on peut dire :

  • que l’ARWU, qui classe 500 universités dans le monde, se base essentiellement sur les performances en recherche d’un établissement (publications et distinctions scientifiques) ; ce dernier classement a été très critiqué en France lors de sa sortie pour le poids important qu’il attribue aux sciences dites exactes et aux publications en langue anglaise…
  • que THE comme QS font une place plus importante à la qualité de la formation (enquête de notoriété / ratio enseignants-étudiants) et à l’internationalisation des universités (ratios d’étudiants étrangers et d’enseignants-chercheurs étrangers).

Chaque année les premières places reviennent invariablement aux universités américaines et anglaises : Harvard, MIT, Princeton, Stanford, Princeton, Columbia, Berkeley, Oxford, Cambridge… Les premières universités françaises à l’ARWU sont Paris 6 et Paris 11 (entre la 35ème et la 45ème place suivant les années) ; il faut remarquer que la structure principalement mono-disciplinaire de nos établissements et surtout l’éclatement de l’activité scientifique entre les universités et les organismes de recherche ne nous permet pas de valoriser au mieux notre performance.

Le nombre de places étant limité (500 à l’ARWU, 800 à THE et QS), il est nécessaire d’avancer pour ne pas reculer… Par exemple la forte poussée des universités chinoises au cours des 10 dernières années met chaque année à la trappe des établissements de la queue des classements et fait reculer les autres… Ce phénomène de course au sommet oblige les établissements à accroitre leur performance scientifique pour a minima conserver une place équivalente d’une année sur l’autre.

Si les classements font chaque année le buzz au moment de leur publication, leur impact concret est plus difficile à apprécier. Il n’est pas prouvé que l’attractivité d’une université soit directement impactée par son classement ; en revanche on ne peut nier qu’une bonne place au sein d’un ou plusieurs classements renforce la visibilité nationale et internationale et par voie de conséquence aura des retombées indirectes sur sa notoriété et sur le financement de ses activités académiques. De même, de nombreux pays utilisent les classements comme critère d’éligibilité dans leurs programmes de bourses d’excellence. En résumé : il vaut mieux figurer dans les classements qu’en être absents !

 

La situation actuelle de l’Université de Toulouse et de ses membres au regard des classements est contrastée :

  • du point de vue des membres, seules l’Université Toulouse III Paul Sabatier et l’Université Toulouse Capitole (par le biais de la TSE) figurent au classement général de l’ARWU (tranche 201-300) ainsi que dans ses classements disciplinaires (économie, mathématiques, chimie…) ;
  • l’UT, en tant que fédération d’établissements indépendants, peine à être reconnue dans les classements internationaux, essentiellement car elle n’apparaît pas comme une université au sens commun du terme. Telle est la situation pour l’ARWU et QS. En revanche, THE a accepté de classer l’UT en septembre 2016 (rang 301-350), ce qui constitue un premier pas encourageant ;
  • enfin, une étude très documentée de chercheurs français, espagnols et australien a démontré que si l’agrégation des forces scientifiques de l’UT était reconnue par le classement de Shanghai, nous serions situés près de la 100ème place mondiale.

 

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