Historique de l'IDEX de Toulouse

Cadre national du grand emprunt (programme investissements d’avenir - PIA)

Après la crise financière et économique de 2008, le gouvernement cherche des moyens de relancer l’investissement. L’un des constats partagé est que la France a pris du retard dans un certain nombre de domaines de pointe, notamment par rapport à ses voisins européens (des propositions seront faites par un rapport commandé à Alain Juppé et Michel Rocard).

L’idée originelle est de lancer un grand emprunt auprès du public pour collecter environ 35 milliards d’euros dont la moitié environ seront affectés à l’enseignement supérieur et à la recherche. Au final, c’est bien ce montant qui sera investi, mais l’Etat ne s’endettera pas auprès des français mais sur les marchés.

LABEX-EQUIPEX-IDEFI-IDEX-SATT…

le Commissariat Général aux Investissements d’avenir (CGI) secondé par l’Agence Nationale de la Recherche va lancer une importante salve d’appels à projets afin de sélectionner les lauréats des financements du PIA vague 1. Dotés d’acronymes complexes, les principaux appels lancés au plan national en 2011/2012 sont :

  • l’appel à projets LABEX ou laboratoires d’excellence vise à financer des projets de recherche, souvent transversaux, portés par une structure de type laboratoire. Les financements sont majoritairement affectés au recrutement de talents internationaux. Le site toulousain remportera eu total 7 LABEX (83 millions d’€ de financement au total) dans des domaines très variés (économie, cancer, mondes sociaux, nanotechnologies…),
  • l’appel EQUIPEX (équipements d’excellence) finance ou coi-finance des équipements scientifiques particulièrement coûteux,
  • les IDEFI (formations innovantes) visent à soutenir des initiatives à caractère pédagogiques innovantes. Toulouse en remportera 3 au total,
  • l’appel à projets SATT vise au financement des sociétés d’accélération du transfert de technologies. Grâce au succès remporté, l’Université de Toulouse créera en 2011 Toulouse Tech Transfer, une société de droit privé dans laquelle l’Université possède la majorité du capital.
  • enfin, l’appel à projets le plus important est celui dénommé initiatives d’excellence ou IDEX. Il vise à labelliser et à doter financièrement un pôle académique disposant d’un potentiel de recherche et de formation lui permettant de rivaliser avec les meilleures universités mondiales. L’idée du gouvernement en 2010 est de faire émerger grâce au programme IDEX entre 5 et 10 pôles de rang mondial, tout en poussant les acteurs à modifier leur gouvernance dans un sens d’une meilleure intégration.

L’IDEX UNITI - version 1

L’IDEX toulousain se joue en trois temps. En février 2011, le site toulousain (le PRES est officiellement porteur du projet) présente un dossier dans le cadre de la première vague, lequel contient des éléments fortement disruptifs relatifs à la recherche, aux programmes d’enseignement et surtout à la gouvernance.

Icône PDF tidex-fr_0.pdf
Idex Toulouse - v1
07/01/2011 Visualiser le PDF

Il est notamment question de créer une Université Fédérale (modèle University of California) d’un côté et une Fondation de coopération scientifique dont l’objectif est clairement de gérer les fonds de l’IDEX pour les soustraire aux conflits d’intérêts internes au site.

Parmi les autres points saillants du dossier, la création d’une école normale supérieur et la consécration d’un périmètre d’excellence auquel les fonds IDEX seraient dédiés. Le périmètre d’excellence premier était constitué des LABEX, ce qui revenait à concentrer les fonds de l’IDEX sur quelques équipes sur-dotées.

Le projet toulousain passe avec succès la première étape de sélection en mars 2011 mais il est demandé aux acteurs de clarifier la gouvernance en vue du jury final en juin de la même année. Devant le jury, la délégation toulousaine ne réussit pas à convaincre de l’efficacité de la gouvernance, notamment sur la question de la prévalence des décisions du CA de l’UFT sur ceux de ses membres.

L’IDEX UNITI - version 2 – succès, rejet et renégociation

une deuxième vague de labellisation IDEX est lancée par le commissariat général aux investissements (CGI) et les dossiers rejetés lors de la vague 1 sont autorisés à se représenter directement devant le jury sans phase d’amissibilité. Le dossier toulousain est fortement remanié mais la notion de périmètre d’excellence est maintenue. Le changement le plus important est probablement lié à la gouvernance puisque la fondation est abandonnée au profit d’une Université fusionnée laquelle est dirigée par un conseil d’administration restreint composé majoritairement d’extérieurs.

Icône PDF idex_2.pdf
Idex Toulouse - v2
08/12/2011 Visualiser le PDF

Ce dossier est déposé en décembre 2011 et à nouveau défendu devant le jury international en mars 2012. Cette fois-ci le dossier est accepté. Toulouse devient l’un des 8 pôles labellisés IDEX au terme d’un processus en deux vagues : 4 regroupements parisiens (Sorbonne Paris Cité / Sorbonne Universités / Paris Sciences Lettres / Campus Plateau Saclay) et 4 en province (Strasbourg / Bordeaux / Aix Marseille Universités / Toulouse).

L’IDEX confère donc au site toulousain un label d’excellence et un financement associé de 750 millions d’euros de capital. En réalité ce capital n’est pas transféré au PRES, mais seulement les intérêts produits au taux annuel de 3,4 %, soit environ 25 millions d’euros par an.

Le succès remporté en mars 2012 est vite oublié ; au printemps 2012 trois des principaux établissements du site changent de gouvernance, UT Mirail, UPS et l’INP Toulouse, portant à leur tête des majorités qui n’ont pas été associées à la rédaction du dossier IDEX. Le reproche est clairement fait aux anciennes équipes de n’avoir pas mis en place un processus démocratique dans les choix du dossier IDEX, notamment sur l’épineuse question de la fusion et sur celle de la gouvernance de l’Université de Toulouse. Gilbert CASAMATTA est remplacé à la tête de l’INP Toulouse par Olivier SIMONIN et contraint à la démission de la Présidence du PRES. Marie-France BARTHET est nommée en remplacement, et initialement pour deux années en juillet 2012.

S’ouvre alors une période complexe où les nouvelles équipes souhaitent à la fois conserver le bénéfice de la labellisation IDEX et des financements qui y sont attachés, tout en renégociant les axes du projet…

Au plan national, le nouveau gouvernement issu des élections du printemps 2012, avec Geneviève FIORASO à l’enseignement supérieur - recherche, ouvre une voie pour la renégociation de l’IDEX toulousain. Des commissions et groupes de travail se mettent en place entre fin 2012 et le premier trimestre 2013 pour aboutir à un document delta pointant les différences entre le dossier labellisé et le projet nouveau faisant consensus sur le site.

Icône PDF toulouse_delta_final.pdf
Idex Toulouse - Delta
19/12/2012 Visualiser le PDF

Ce travail aboutit en juillet 2013 à la signature de la convention attributive de l’IDEX, convention qui marque le réel démarrage des programmes, avec un an de retard sur les autres sites labellisés en France.

Icône PDF 2013_176_idex_uniti_anr_11_idex_signe-2.pdf
Idex - Convention attributive (signée)
15/07/2013 Visualiser le PDF

Trois différences fondamentales ressortent avec le dossier initialement labellisé :

  • l’abandon du modèle fusionnel (une seule personne morale) au profit du modèle fédéral (les établissements conservent leur autonomie) ; il est vrai que la fusion apparaissait quasiment impossible dans un laps de temps aussi court, et compte tenu du périmètre très large du site toulousain et surtout des différentes tutelles des établissements (pas moins de 5 Ministères de tutelle différents).
  • une gouvernance voulue plus démocratique avec notamment une représentation de toutes les composantes au sein du CA de l’Université Fédérale,
  • l’abandon du périmètre d’excellence au profit d’appels d’offre ouverts à tous en matière de recherche et de formation.

Démarrage des programmes IDEX

Les programmes financés par l’IDEX vont enfin démarrer à l’été 2013, générant un véritable changement de dimension du PRES, notamment du point de vue de ses effectifs.

Les financements de l’IDEX sont essentiellement fléchés vers la recherche et la formation, dans une moindre mesure vers les relations internationales. Des programmes importants ont été lancés en matière de recherche : chaires d’attractivité, actions thématiques stratégiques, émergence & transversalités, nouveaux entrants, équipements… Il n’est pas dans le propos d’entrer dans le détail de ces différentes actions ; on retiendra simplement que ces axes concourent à hisser le site vers l’excellence scientifique en attirant des personnalités de renom et en finançant des projets innovants et transversaux ; également que les fonds sont alloués par un Comité d’arbitrage scientifique indépendant sur la base d’appels d’offres. A noter également la mise en place d’une Cellule de soutien aux projets européens en matière de recherche.

En matière de formation des financements importants sont dédiés à la formation des docteurs, aux formations pluridisciplinaires et aux programmes en anglais. Sur le plan des relations internationales, l’IDEX va financer trois antennes en pays étranger (Chine, Brésil, Indonésie) ainsi que le dispositif innovant d’accueil des étudiants et chercheurs étrangers Toul’Box.

Evaluation de l’IDEX

La manne financière de l’IDEX n’est pas acquise de manière définitive et une évaluation à 3 ans est prévue afin de vérifier si les acteurs ont atteint leurs objectifs et de décider s’il convient ou non de maintenir la labellisation et le financement attaché. Un dossier d’auto-évaluation a été remis au jury international en décembre 2015 et des auditions ainsi qu’un jury sont programmés au printemps 2016. Ce dossier comporte également une projection dans l’avenir où l’Université Fédérale doit décrire ses objectifs jalons pour les six années à venir.

Décision du jury

Le 29 avril 2016, à l'issue de la session du jury international IDEX présidé par le Professeur Jean-Marc RAPP, professeur à l’université de Lausanne, la communauté toulousaine a appris que l'IDEX UNITI est arrêté.

Le jury a estimé que l’objectif IDEX est impossible à atteindre sans une dynamique toute nouvelle et des mesures de rupture. Il a en effet considéré qu’on ne pouvait observer une adhésion des acteurs à une
démarche de transformation conduisant à une université de recherche intégrée, visible au plan international et reconnue comme telle. Le respect des propositions du jury conduit donc à l’arrêt de l’IDEX, ce qui implique le retrait du label et de la dotation attribuée au projet (hors LABEX et IDEFI).

Icône PDF 20162904-evaluation-uniti.pdf
Évaluation UNITI (jury IDEX)
29/04/2016 Visualiser le PDF

Icône PDF 20162904-communique-resultats-idex.pdf
Communique de presse - évaluation IDEX
29/04/2016 Visualiser le PDF